Association Loi 1901

 
 
association "Mémoire du Maréchal Lannes" -
Lectoure 2009 : histoire.

LANNES (Jean), [Lectoure, 10 avril 1769 - Vienne, 31 mai 1809]. Maréchal d'Empire. Nul ne peut dire aujourd'hui ce qu’a été la jeunesse de Jean Lannes. Il naquit à Lectoure dans la rue qui porte actuellement le nom de Montebello, de Jean Lannes "trafiqueur" et de Cécile Fouraignan. Les ancêtres du futur Maréchal étaient des terriens, fermiers pendant plusieurs générations de la famille Chastenet de Puységur, à Barrast, près de Lectoure. Engagé le 20 juin 1792 en même temps que Banel, Lagrange, Laterrade, il est envoyé dans les Pyrénées Orientales pour combattre les Espagnols dans le 2ème Bataillon des Volontaires du Gers. Très vite, il sort de l'ombre ; son intrépidité au combat, ses qualités . d'entraîneur le font remarquer lieutenant de grenadiers, capitaine, chef de brigade (colonel) en quelques mois. Blessé à la bataille de Banyuls, le 30 octobre 1793, il est soigné à Perpignan où il fait la connaissance de Jeanne Josèphe Barbe Méric, fille d'un banquier, qu'il épouse le 19 mars 1795. Peu de temps après, Lannes amène sa jeune épouse à Lectoure, la loge dans la modeste maison natale en attendant d'aménager pour elle l'orangerie de l'ancien évêché.

La paix signée avec l'Espagne (25 juillet 1795), Jean Lannes poursuit sa carrière en Italie où il ne tarde pas d'attirer sur lui l'attention du général Bonaparte. Il combat à Loano, à Millesimo et devient général de brigade (1796) de la 69e de ligne. Deux fois blessé, il prend néanmoins part aux batailles de Lodi et d'Arcole ainsi qu'à l'expédition contre Libourne.

En décembre 1797 Jean Lannes se rend à Lectoure ; il y retrouve sa femme qui se languit et assiste au mariage de l'une de ses soeurs, Jeanne, avec Jean Belliard. Quelques mois plus tard,- il s'embarque pour l'Egypte (mai 1798) et y reste jusqu'en octobre 1799 ; il participe à toutes les expéditions ; très grièvement blessé au siège de Saint-Jean d'Acre, les gazettes de l'époque annoncent sa mort ! Revenu en France avec Bonaparte, il est très vite mis au courant de la conduite scandaleuse de Barbe Méric et demande aussitôt le divorce. Dans la fameuse journée du 18 brumaire an XIII (9 novembre 1799), il seconde Bonaparte détenant le commandement du quartier général des Tuileries, centre nerveux de la force militaire engagée dans le coup d'Etat. Nommé peu après général de la Garde consulaire, il ne tarde pas à repartir pour la seconde campagne d'Italie. Après avoir passé le col du mont Saint-Bernard, il s'empare d'Aoste le 16 mai 1800. Vainqueur à Montebello le 9 juin (il sera fait duc de Montebello le 19 mars 1808), il prend ensuite part à la bataille de Marengo. Là, il apprend le résultat de sa demande de divorce ; son deuxième mariage sera célébré à Dormes (Nièvre) le 16 septembre 1800. Sa nouvelle épouse, Antoinette de Guéhéneuc, était la fille d'un sénateur; cinq enfants naîtront de cette union. A cette époque se produisit un incident bien fâcheux pour Lannes qui était chef de la Garde consulaire. Très fier de cette troupe, il fit pour elle des dépenses inconsidérées et un gros déficit en résulta. Au même moment, il se rendait acquéreur à Lectoure de l'ancien évêché... Le Premier Consul voulant mettre un terme à des abus trop nombreux, exige le remboursement immédiat de la dette. Il s'en suivit un léger froid entre les deux hommes : Lannes est nommé ministre plénipotentiaire au Portugal. D'abord mal accueilli à Lisbonne par le premier ministre, il ne tarde pas à se lier d'amitié avec le prince régnant. Ce dernier accepte d'être le parrain de son troisième fils Ernest, né le 21 juillet 1803. Marbot raconte qu'à cette occasion, le parrain offrit une poignée de diamants pour son filleul, une autre pour sa mère, et enfin une troisième pour l'ambassadeur.


Après avoir accompli sa mission et obtenu la signature d'un traité, Lannes est rappelé à Paris dans le courant de l'année 1804 entre-temps, il avait été fait maréchal d'Empire (19 mai 1804). Avec la reprise de la guerre, le maréchal Lannes s'active sur tous les champs de batailles : durant la première campagne de Bavière et d'Autriche, il participe à la prise d'Ulm, poursuit à marche forcée les Autrichiens dont il fait prisonnier 15.000 hommes. Il est l'un des artisans de la victoire d'Austerlitz : chargé de commander l'aile gauche, il culbute l'extrême droite ennemie dirigée par Bagration. On le retrouve dans la campagne de Prusse (1806) à Iéna, à Auerstaedt, en Pologne et en Prusse Orientale à la bataille de Pultusk, "la plus belle de celles que le maréchal Lannes ait livrée et gagnée", avec moins de 20.000 hommes, il a défié 50.000 adversaires. Il est à Friedland... sur le Niémen avec les deux Empereurs.

Envoyé en octobre 1808 en Espagne, il assiège Saragosse et reçoit sa capitulation le 21 février après un siège d'une extrême sauvagerie ; "quelle horrible guerre" écrit-il à sa femme.

Appelé à l'armée d'Allemagne, il est mortellement blessé durant la bataille d'Essling le 22 mai et meurt le 31 dans une auberge d'Ebersdorf. Son corps fut embaumé, transporté à Paris l'année suivante et inhumé au Panthéon le 6 juillet 1810, jour anniversaire de la bataille de Wagram. "Je perds le général le plus distingué de mon armée" écrivit Napoléon à la maréchale, et encore dans le Mémorial de Sainte-Hélène: "Je l'ai pris pygmée, je l'ai perdu géant !" Cette profonde amitié avec Napoléon était due aux qualités exceptionnelles de ce héros : bravoure, extraordinaire entraîneur d'hommes, mais il savait être sage et prudent. Désintéressé dans l'ensemble (ce qui ne l'a pas empêché d'amasser une énorme fortune dans le Lectourois et à Paris). Jean Lannes était connu pour son irritabilité et ses colères mémorables qui lui portèrent tort. Sa mort prématurée a évité toute éventuelle dégradation de ses relations avec l'Empereur.

La ville de Lectoure a fait placer la statue du plus glorieux de ses enfants sur la promenade du Bastion le 25 mai 1834 et plus récemment ouvert une Salle du Souvenir du Maréchal Lannes.
 
Georges Courtès, « Le Gers, dictionnaire biographique de l’Antiquité à nos jours », Société Archéologique et Historique du Gers, Auch, 1999, pp. 205-206.

 

Damamme (Jean-Claude), Lannes Maréchal d'Empire, imp. Pays, 1987.- Courtès (Georges), "La fortune du Maréchal Lannes", dans BSAG. 1980, p.117.

Jean Lannes

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